Collages

Chacun d'entre nous s'est essayé à décoller la collerette d'une grande bouteille, à modeler l'étain entre ses doigts, à jouer de son octuosité. Dans le meilleur des cas, l'emblème, roulé en une masse dure et compacte, retombait dans son état de matière première, inerte.
Puis Puvis vint. Il céda lui aussi à la tentation de prolonger le plaisir du palais en déshabillant les célèbres goulots. Et ses doigts bien plus hardis que les nôtres, de caresser la "dive" matière. Alors le ruban prit vie, le métal s'envola pour dérouler sous nos regards pantois la plus enivrante des mascarades.
Ainsi sont nés "collages et assemblages", mariant intimement la main qui rêve et l'esprit qui façonne. Un travail à la fois simple et élaboré, naïf et sophistiqué, procédant de l'art populaire autant que de l'art savant, tout une mémoire de l'art s'y lisant dans un jeu, coutumier chez Puvis, et executé dans la jubilation qui suit la dernière gorgée.